Le rêve est une seconde vie. Pas moins dangereuse, pas moins colorée. C'est là

encore/dans l'orage/ que tu te dresses, prostituée de Luce. Souventes fois, je me suis

caché le nez à l'entrée du Bacardi ; à Callac. Cette boîte de nuit applique la politique du

tiers payant, surtout quand l'être humain est un homme—ce qui arrive une fois sur deux.

La descente dans le centre de la Terre se fait par un escalier à double révolution—la ré-

volution des oeillets et celle des passiflores, sinon de la rose trémière, la fleur de Nerval

comme disait Breton. L'interface de l'artefact vous permet des acrobaties avant d'arriver

dans un vortex qui débouche sur le nifé, cette structure hallucinante est une pousse de

conglomérat, une échappée vers le silence des agneaux de Simon Agnel, une sorte de mal-

appropisme stabilisé. L'homme qui sent la bouche d'ombre dans ce soutterain a une maî-

trise souveraine de l'espace du dedans, de la cour intérieure où l'on a cassé la croûte avant

d'arriver—rapines et forgeries, malaise et dictature, signes diacritiques et bastonnade—à ce

centre où l'on sent la chaleur sans la voir. Le souffle de l'inhabituel est trop intense pour

se risquer plus loin. Le magma est toujours déjà en train de paupériser toute discussion,

toute analyse, toute rétribution intellectuelle (encore moins spirituelle). La couche de

finition est impressionnante, dirimante—elle annule tout passe-droit, tout enfantillage.

Bien sûr, tout n'est pas à jeter dans ce pot-au-noir où le métal en fusion bat ses bords, com-

me dit Chateaubriand dont la prose claire charrie des faits autant que des courants de pen-

sée. Le toit de la nuit surgit devant l'arapède confronté à Napoléon, dans une toile de Turner.

La prose des jours se prostitue et embouque le chenal qui permet de se faire une idée de

l'Orénoque où tout est nickel. Plus haut que la hauteur, plus profond que la profondeur, l'hom-

me s'agite comme un enfant perdu sur l'océan des âges où, il le saît, il ne pourra jamais jeter

l'encre un seul jour. Tout est cher jusqu'à la rareté de l'air comme le faisait remarquer

Lavoisier, le chimiste qui allait, à cause de sa ferme, se faire trancher le cou—la République

n'a pas besoin de savants lui rétorquera-t-on. H20, c'était pourtant difficile sans le secours

de l'eudiomètre. Mais le magma fertile n'est jamais fétide, et il réchauffe les plaques comme

on repasse les plats qui sont une fin en soi. Oui, cette lave qui coule sur la croûte terrestre

est un pseudopode qu'émet le magma vers des maisons closes, les champs semi-labourés et

que l'élément rendra fertile après l'éruption volcanique—d'où cette récidive des paysans du

coin, la réinstallation dangeureuse après que l'amendement s'est déposé. Pompéi et Hercu-

lanum paieront le prix fort pour n'avoir pas tenu compte des avertissements. Magma, magma

sabactani. Dans cette galerie intérieure le Christ aussi aura souffert